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Entretien avec Monsieur Jean LAMY

A l’issue de son premier voyage au Siège de l’ASECNA en qualité de Président du Conseil d’Administration,l’Ambassadeur Jean LAMY apprécie sa visite et se prononce sur ses priorités à la tête du Conseil d’Administration de l’ASECNA.

Q : Monsieur le PCA, bienvenue à Dakar, siège de l’ASECNA, où vous venez pour la première fois depuis votre nomination en avril dernier. Quelles sont vos premières impressions en prenant ces nouvelles fonctions et en arrivant ici ?

Je suis très heureux d’être enfin au Sénégal, à Dakar, siège de l’ASECNA, dont j’ai l’honneur d’avoir été choisi en avril dernier par les Ministres de tutelle pour être le nouveau Président du Conseil d’Administration (PCA), en remplacement de Jean-François Desmazières, qui a fait un mandat d’un peu plus de trois ans et dont je souhaite saluer ici tout le travail accompli. Compte tenu de la crise de la COVID-19 à partir de mars, et qui a entraîné le report du Comité des Ministres prévu à Cotonou fin mars, j’ai été désigné PCA par consultation à domicile. Ces circonstances très particulières de ma nomination ne m’ont pas permis, comme je l’aurais souhaité, d’échanger de vive voix avec les Ministres et les Administrateurs, ni de venir rapidement au siège à Dakar, comme le font normalement tous les nouveaux PCA. Mais maintenant, je suis là, à Dakar ; je peux rencontrer l’équipe dirigeante, les personnels de l’Agence voir les installations. Et c’est quand même mieux. Je tiens à remercier les autorités sénégalaises, qui ont autorisé ma venue, ainsi que le Directeur général et son équipe, pour l’accueil chaleureux que je reçois en arrivant ici. A cause de la crise sanitaire, beaucoup se fait désormais par visioconférence, comme le Conseil d’Administration extraordinaire que nous avons organisé rapidement le 4 juin dernier au sujet de l’impact de la pandémie sur le fonctionnement de l’ASECNA, et qui a pris des décisions importantes qui ne pouvaient attendre. C’est une des conséquences de la pandémie mondiale : le boom de la diplomatie numérique et de la télégouvernance. Mais rien ne peut remplacer, dans la durée, les réunions en présentiel, ni non plus le travail au quotidien sur le terrain.

Q : Pour ceux qui ne vous connaissent pas, dites-nous en quelques mots qui est le nouveau PCA de l’ASECNA ?

Je suis un diplomate de carrière français, qui a beaucoup travaillé sur les dossiers de coopération économique internationale. J’ai été notamment Ambassadeur de France au Burundi, Chef de Délégation de l’Union européenne au Burkina Faso et auprès de l’UEMOA, Ambassadeur thématique pour les questions économiques de reconstruction et de développement. Avant cela, j’ai travaillé plusieurs années au Ministère français de l’Economie et des Finances, ainsi qu’au Quai d’Orsay, où j’ai été notamment sous-directeur Energie-Transports- Infrastructures et sous-directeur Energie-Climat. Ma carrière, plutôt européenne et africaine, m’a amené, en Afrique, à Freetown, Yaoundé, Bujumbura, Bangui, Ouagadougou... J’ai travaillé avec nombre de pays du continent, ainsi qu’avec les organisations régionales.

Q : Qu’avez-vous fait lors de ces premiers jours à Dakar?

En plus d’une rencontre avec les autorités sénégalaises, le Directeur général a bien voulu organiser pour moi un programme de travail très dense et de formation accélérée, si je puis dire, pour me permettre de bien appréhender les différentes activités de l’ASECNA, et je l’en remercie. J’ai pu ainsi participer à un Comité de direction avec le DG et tous les Directeurs, visiter les différents services, mais aussi l’Ecole régionale de Navigation aérienne et de Management (ERNAM), ainsi que le Centre Régional de Navigation aérienne de Dakar, qui couvre tous les trajets aériens passant dans la FIR Dakar océanique et la FIR Dakar terrestre. Ces rencontres et visites m’ont permis de mieux me rendre compte du formidable outil qu’est l’ASECNA, à la pointe des technologies, pour permettre d’assurer une navigation aérienne sûre et performante, dont nous avons tous besoin.

Q : Au moment où vous prenez vos fonctions avec-vous un message à délivrer à la grande famille de l’ASECNA ?

Comme je l’ai dit aux Ministres de tutelle et aux Administrateurs au moment de ma prise de fonctions, je souhaite, aux côtés du Directeur général et de l’équipe exécutive, contribuer du mieux possible, pour ce qui relève du CA et dans les responsabilités qui sont celles d’un PCA, à consolider et moderniser l’Agence pour qu’elle continue d’assurer dans les meilleures conditions le service public de sécurité de la navigation aérienne qu’elle rend dans le vaste espace aérien de 16 millions de km2 qu’elle couvre, plus grand que l’Europe. Plus précisément, il s’agit, pour le Conseil d’Administration et la Direction générale, comme nous le demandent les 18 Ministres de tutelle dans leur déclaration politique adoptée à Dakar le 12 décembre dernier, de « promouvoir et de développer au sein de l’Agence une culture d’entreprise fondée sur les principes de bonne gouvernance et d’excellence » pour que l’ASECNA : 1) demeure un prestataire de services de navigation aérienne performant et sûr ; 2) reste le pionnier mondial de la gestion coopérative des espaces aériens selon les normes les plus récentes de l’OACI, notamment à travers le projet « Ciel unique pour l’Afrique » ; 3) devienne le leader africain des technologies d’assistance à la navigation aérienne par satellite.

A cela s’ajoute maintenant l’exigence de surmonter au mieux les impacts de la crise sanitaire mondiale de la COVID-19, qui déprime sérieusement tout le secteur du transport aérien, au point que « Le Monde diplomatique » de juillet 2020 titre : « Aviation civile : la tempête du siècle ». Il y a quand même eu quatre mois où le trafic aérien a été réduit des trois quarts. Il s’agit pour l’ASECNA, dont l’essentiel des ressources provient des redevances payées par les compagnies aériennes pour les services qu’elle rend, de « traverser ce trou d’air » sans que les missions essentielles de l’Agence ne soient affectées, sans que son fonctionnement n’en souffre trop, sans que les investissements et les objectifs de modernisation ne soient retardés.

Pour relever ces défis, le Conseil d’Administration et la Direction générale ont déjà initié une série de mesures, parfois drastiques, qui s’imposaient, et savent pouvoir compter sur l’engagement de tous les personnels de l’Agence, pour que celle-ci reste l’outil coopératif performant et ô combien utile que beaucoup nous envient.

Q : Quelles sont les principales échéances de l’ASECNA pour vous en tant que PCA ?

Il y a d’abord, dans quelques jours seulement, ce 30 juillet, en visioconférence, la réunion du Comité des Ministres de l’Agence, la date pour cette réunion annuelle, qui était fixée au 27 mars dernier à Cotonou, n’ayant pu être tenue pour cause de Covid-19. Le PCA est le Secrétaire du Comité des Ministres, et joue en quelque sorte un rôle d’interface entre, d’une part, ce qui relève de la Direction générale et du Conseil d’Administration, et d’autre part le Comité des Ministres, qui est statutairement « l’organe suprême de l’Agence ». A cette occasion, la Guinée- Bissau passera le témoin de la présidence du Comité des Ministres au Bénin. Les Ministres discuteront notamment de l’impact de la crise sanitaire sur l’Agence, et des perspectives.

Ensuite, la question de la désignation du Directeur général de l’Agence pour la période 2021-2024 sera l’unique point à l’ordre du jour d’une réunion extraordinaire du Comité des Ministres, en septembre prochain à Niamey. En tant que Secrétaire du Comité des Ministres, le PCA accompagne ce processus sous l’angle administratif et est soumis à une stricte obligation de réserve.

Enfin, viendront d’importantes réunions du CA de l’ASECNA, cet automne, comme pour d’autres organismes internationaux du transport aérien, dont le calendrier a été bousculé cette année par la crise sanitaire, laquelle ne doit pas freiner outre mesure les projets qui étaient sur les rails, pour des trajets aériens toujours plus sûrs, mais aussi plus courts, c’est-à-dire plus économes et moins polluants. Nous devons retrouver la dynamique à moyen terme pour que l’ASECNA de demain améliore encore les services de sécurité de la navigation aérienne qu’elle fournit, à la pointe des technologies spatiales et aéronautiques, en ligne avec ce que souhaitent l’OACI et l’Union africaine pour tout le continent.

FIN

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